Intoxication par les champignons: pourquoi des symptômes tardifs peuvent aussi être dangereux

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Adobe, Pilzsaison
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Source: TCS MyMed

Des nausées, des douleurs abdominales ou une diarrhée après un repas de champignons peuvent être sans gravité, mais aussi révéler une intoxication dangereuse. Le piège: certaines toxines endommagent le foie ou les reins avant même l’apparition de symptômes marqués. Une amélioration passagère ne signifie donc pas toujours que le danger est écarté. Les spécialistes de Tox Info Suisse expliquent quels symptômes doivent être pris au sérieux, ce que les personnes concernées doivent faire immédiatement et pourquoi les applications d’identification des champignons ne remplacent pas un contrôle officiel.

Les questions abordées dans cet article:

Quels symptômes peuvent indiquer une intoxication par les champignons?

Il existe près de 20 syndromes d’intoxication par les champignons. Beaucoup provoquent des troubles gastro-intestinaux, comme des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales ou une diarrhée. Certaines toxines s’attaquent toutefois aussi au foie, aux reins, aux muscles ou à différentes parties du système nerveux. Les symptômes peuvent donc être très variés.

Quels signes d’alerte faut-il prendre particulièrement au sérieux?

En cas d’intoxication par les champignons, les symptômes ne permettent pas de juger de sa gravité. Une personne peut rester longtemps sans symptômes tout en souffrant d’une intoxication dangereuse. À l’inverse, de forts troubles gastro-intestinaux peuvent survenir alors que l’intoxication est relativement bénigne et disparaît d’elle-même.

Important: si vous avez un doute après un repas de champignons ou soupçonnez une intoxication, contactez Tox Info Suisse au 145. Mieux encore: faites contrôler les champignons que vous avez cueillis par un service officiel avant de les consommer et respectez les recommandations de préparation.

Quand les symptômes apparaissent-ils et pourquoi peuvent-ils se manifester plusieurs heures, voire plusieurs jours après le repas?

Le délai d’apparition dépend de l’espèce de champignon et du mode d’action de sa toxine. Les amanites phalloïdes sont particulièrement traîtresses: elles ne provoquent des symptômes qu’après 12 à 18 heures. Ceux-ci semblent ensuite s’atténuer avant de s’aggraver à nouveau, car le foie est déjà endommagé à ce stade. Les symptômes typiques d’une intoxication par des champignons qui atteignent les reins peuvent aussi n’apparaître qu’après plusieurs jours. Pour certaines espèces, les troubles ne se manifestent même qu’après plusieurs repas de champignons.

Nausées, douleurs abdominales ou diarrhée après un repas de champignons: peut-on distinguer soi-même une intoxication, des champignons avariés et une intolérance?

C’est difficile pour une personne non spécialiste. Les professionnels peuvent tirer certaines conclusions des symptômes et de leur évolution dans le temps.

Faites toujours contrôler les champignons que vous avez cueillis avant de les manger. Si des troubles apparaissent après un repas de champignons ou si vous soupçonnez une intoxication, contactez Tox Info Suisse au 145.

Que faire immédiatement en cas de suspicion d’intoxication, même sans symptômes, et quand faut-il appeler Tox Info Suisse au 145 ou les secours au 144?

Appelez Tox Info Suisse au 145, même si aucun symptôme n’est encore apparu. Les spécialistes évaluent le risque et vous indiquent les mesures à prendre.

En présence de symptômes graves ou potentiellement mortels, comme des difficultés respiratoires, une perte de connaissance ou des troubles circulatoires importants, appelez immédiatement les secours au 144.

Quelles erreurs éviter en matière de premiers secours: faut-il provoquer des vomissements, boire du lait ou prendre du charbon actif de sa propre initiative?

Ne provoquez pas de vomissements et ne buvez pas de lait. Ne prenez pas non plus de charbon actif de votre propre initiative. Ces mesures peuvent être inadaptées ou entraîner des risques supplémentaires.

Appelez plutôt Tox Info Suisse au 145. Vous y apprendrez quelles mesures sont appropriées dans votre cas.

Quelles informations et quels restes de champignons ou du repas peuvent aider à établir le diagnostic? Que doivent faire les autres personnes ayant mangé le même plat?

Conservez si possible tout ce qui est lié au repas de champignons, notamment:

  • les champignons non préparés
  • les parties coupées et les épluchures
  • les restes du repas
  • si possible, les vomissures

Ces éléments peuvent aider les spécialistes à identifier le champignon et à instaurer le traitement approprié. Informez également toutes les personnes qui ont mangé le même plat. Selon l’espèce suspectée, même les personnes sans symptômes doivent parfois être examinées et traitées.

Que doivent faire les parents si leur enfant a mis dans sa bouche ou avalé un champignon inconnu trouvé dans un jardin ou en forêt?

Si l’enfant n’a avalé qu’un morceau de champignon de moins de 1 cm², aucune autre mesure n’est nécessaire selon Tox Info Suisse. Si le morceau est plus grand ou si plusieurs petits morceaux totalisent plus de 1 cm², les parents doivent contacter Tox Info Suisse au 145.

Il est alors essentiel d’exclure le plus vite possible qu’il s’agisse d’un champignon contenant des amatoxines, comme une amanite phalloïde. Ne donnez du charbon actif à l’enfant qu’après avoir consulté Tox Info Suisse ou un médecin.

Vous trouverez d’autres indications dans l’article «Accidents infantiles par les champignons inconnus» de Tox Info Suisse.

Quels champignons toxiques provoquent des intoxications particulièrement dangereuses en Suisse et pourquoi l’amanite phalloïde est-elle si redoutée?

L’amanite phalloïde est particulièrement redoutée, car sa toxine peut provoquer une grave insuffisance du foie et des reins. Le danger tient aussi à l’apparition tardive des symptômes. Pour obtenir le meilleur résultat possible, le traitement par antidote devrait commencer avant même les premiers symptômes.

Les intoxications par des champignons qui endommagent les reins peuvent également laisser des séquelles durables. Quelques décès rares, dont les causes ne sont pas encore entièrement élucidées, ont aussi été associés aux morilles. Faites donc toujours contrôler les champignons que vous avez cueillis par un service officiel et respectez scrupuleusement les consignes de préparation.

Comment une intoxication par les champignons est-elle diagnostiquée et traitée à l’hôpital? Existe-t-il des antidotes efficaces?

Il existe un antidote efficace en cas de possible intoxication par des champignons contenant des amatoxines. Il doit être administré le plus tôt possible. Si une telle intoxication ne peut pas être exclue avec certitude, le traitement est commencé par précaution et poursuivi jusqu’à ce que le soupçon soit écarté.

Une intoxication peut être exclue si un spécialiste des champignons intervenant en urgence confirme qu’aucun champignon contenant des amatoxines n’a été consommé. Une analyse d’urine peut également fournir des indications. Ce test est toutefois long, complexe et coûteux. Le résultat n’est souvent pas disponible dans les 24 heures.

Les autres intoxications par les champignons sont généralement traitées de manière symptomatique. Cela signifie que les soins médicaux visent directement les troubles qui apparaissent.

Combien de temps dure une intoxication, quelles séquelles peut-elle laisser et pourquoi une amélioration passagère ne signifie-t-elle pas toujours que le danger est écarté?

L’évolution et la durée dépendent de la toxine et de la quantité ingérée. L’exemple de l’amanite phalloïde montre qu’une amélioration passagère ne signifie pas toujours que le danger est écarté.

Selon l’intoxication, des séquelles permanentes peuvent apparaître. Un foie endommagé se rétablit souvent relativement vite et complètement, ou ne se rétablit pas du tout. Les lésions rénales, en revanche, ne s’améliorent généralement que lentement, sur plusieurs semaines ou mois. Chez certaines personnes, la fonction rénale reste durablement diminuée.

Des champignons comestibles peuvent-ils aussi provoquer des troubles s’ils ont été mal conservés, consommés crus ou réchauffés?

Oui. Même les champignons comestibles peuvent provoquer des troubles s’ils sont mal conservés, insuffisamment préparés ou consommés crus. Il faut donc les conserver correctement et, selon les recommandations propres à chaque espèce, les faire tremper ou cuire suffisamment longtemps.

La cuisson rend-elle les champignons toxiques inoffensifs?

Seulement pour certaines toxines. Certaines sont détruites par une cuisson suffisante, tandis que d’autres restent actives après la cuisson. Il ne faut donc jamais manger des champignons toxiques en pensant que leur préparation les rendra inoffensifs.

Comment prévenir efficacement une intoxication par les champignons?

Voici les principales précautions:

  • Faites toujours examiner les champignons que vous avez cueillis par un service officiel de contrôle. Vous éviterez ainsi une intoxication grave due à une erreur d’identification.
  • Respectez scrupuleusement les recommandations de préparation, tant pour les champignons cueillis que pour ceux achetés.
  • Veillez en particulier à respecter les durées indiquées pour le trempage et la cuisson.
  • Ne mangez aucun champignon dont l’identification n’a pas pu être confirmée avec certitude.

Les applications d’identification des champignons sont-elles aussi sûres qu’un contrôle officiel?

Les applications d’identification ne sont pas assez fiables pour décider si un champignon est comestible. Tox Info Suisse constate régulièrement dans sa pratique que ces applications identifient mal les champignons. Ne vous fiez donc jamais uniquement à une application. Faites contrôler les champignons que vous avez cueillis par un service officiel.

Ces informations se veulent des indications sommaires et ne doivent pas représenter la seule base pour des décisions liées à votre état de santé. Consultez votre médecin ou votre pharmacien en cas de question médicale. Une recherche sur internet ne remplace pas une consultation par un professionnel.

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