L'immunologue Martin Bachmann a un vaccin contre le coronavirus : « Nous sommes prêts ! »



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Source: TCS MyMed


RBD-CuMVtt. C’est dans cet alignement cryptique de lettres que réside l'un des plus grands espoirs dans la lutte contre le coronavirus. La substance est le fruit des recherches menées en laboratoire par l’immunologue Martin Bachmann. Dans le cadre d’une interview exclusive, le chercheur répond aux questions de TCS MyMed.

Cher Professeur, allez-vous tous nous sauver ?
(Rit) Nous essayons simplement de développer le plus rapidement possible un vaccin efficace pour tous les Suisses.

Vous êtes assez sûr d’avoir trouvé une arme efficace contre l'ennemi invisible. Qu'est-ce qui vous rend si sûr ?
Nous avons déjà quelques candidats et nous pouvons inoculer des anticorps neutralisant le virus à des animaux de laboratoire. En termes simples, ces anticorps anéantissent le virus. Maintenant, nous devons donner la priorité au vaccin qui sera le plus modulable et se prêtera à une production rapide en grandes quantités.

En général, les autorités sanitaires et de nombreux experts freinent les attentes trop élevées : même si l'approbation était accélérée, il faudrait encore au moins un an. Votre pronostic ?
Nous avons un plan détaillé et collaborons très étroitement avec les autorités. C'est un projet ambitieux, mais dans six mois, nous voulons vacciner toute la Suisse. Pour cela, quelques règles doivent maintenant être modifiées dans le cadre d'un plan de lutte contre la pandémie, mais nous sommes sur la bonne voie.

La recherche va coûter cher – êtes-vous également ouvert à des investisseurs privés ?
La Fondation USZ à but non lucratif encourage la recherche médicale et l'innovation dans l’intérêt des patients et des jeunes talents de l'USZ. Nous essayons maintenant de réunir 100 millions de francs suisses pour notre projet et apparemment nous sommes sur la bonne voie – je suis confiant.

Comment le vaccin fonctionnera-t-il ?
Pour produire le vaccin, nous nous concentrons sur une partie déterminée du virus : les protéines Spike. Ce sont les cônes saillants qui donnent au virus sa forme caractéristique. Ces protéines Spike rendent le virus dangereux, car elles sont comme une sorte de clé qui lui permet de pénétrer dans les cellules du corps, où il reprogramme ensuite la cellule entière en une usine à virus.

Et alors ?
Le vaccin est censé empêcher ce processus en amenant l'organisme à produire des anticorps avant même la première rencontre avec le vrai virus. À cette fin, à partir des cônes de la surface du virus, un petit composant (domaine RBD) est isolé, que l'organisme peut ensuite reconnaître. Ces particules de protéines sont reproduites en laboratoire et collées à une particule virale inactive - simulant finalement un virus inoffensif qui incite le système immunitaire à produire les bons anticorps. Ou plus simplement : notre vaccin empêche le virus de s'amarrer aux récepteurs ACE2, permettant de le neutraliser.

S'agit-il d'une vaccination unique, comme par exemple contre la rougeole, ou faut-il vacciner tous les ans ?
Pour le moment, nous ne le savons pas encore, mais on peut partir du principe qu’il ne faudra pas vacciner tous les ans, mais tout au plus rafraîchir tous les 10 ans. Car le virus est génétiquement stable.

Vous avez annoncé que vous serez le premier à essayer le vaccin – ne craignez-vous pas de graves effets secondaires ?
(Rit) zéro virgule zéro. Et je ne sais pas pourquoi tout le monde est si effrayé.

Selon des rapports publiés dans les médias, votre vaccin a fait ses preuves chez la souris. Que faut-il concrètement modifier dans ce vaccin pour qu’il ait à l’avenir l’effet souhaité chez l’être humain ?
Rien, nous sommes prêts.

Après l'approbation du vaccin, comment s'assurer que les volumes de vente répondront à la très forte demande mondiale ?
Notre objectif est d’en produire une quantité suffisante pour la Suisse, et puis nous penserons bien sûr aussi au reste du monde. Pour cette planification complexe, nous avons fait appel à des experts. Le fait est que la production sera très coûteuse et que la majeure partie des fonds y sera consacrée.

Où aura lieu la production ?
Nous ne le savons pas encore exactement, mais nous le produirons en Suisse.

Quelle sera votre politique de prix pour le vaccin contre le coronavirus lorsqu'il sera lancé ?
Il est encore trop tôt pour annoncer un prix. Cela dit, ce vaccin ne doit pas être cher et chaque Suisse pourra certainement se le permettre.

Comment se présente votre travail quotidien en cette période de coronavirus, la recherche sur le nouveau vaccin met-elle d'autres projets hors de combat ?
En ce moment, je ne fais rien d’autre !

Que vous apprend la crise du coronavirus, tant sur le plan professionnel que privé ? Y-a-t-il quelque chose que vous aimeriez dire à vos lecteurs ?
Je suis étonné de voir combien il en faut si peu pour déstabiliser autant le monde et à quel point notre société est aussi fragile.

Bachmann Martin

   

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